Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 21:36

Dans la veine des sagas historiques, j'ai lu de Mireille Calmel les trois volumes du Chant des sorcières.  Pour faire rapide, c'est l'histoire de la lutte entre le Bien et le Mal (intrigue assez connue), entre gentils et méchant pour le bien de l'humanité entière. Où comment fées et sorcières se disputent d'accès à un monde où l'on est immortel et où la souffrance n'existe pas. Toute référence à un mythe religieux est bien sûr fortuite.

Pour ce que j'en pense, il s'agit de livres qui se lisent facilement, ce qui correspond tout à fait à ce que je cherche en ce moment, en parallèle à la lecture d'un ouvrage sur la constrution politique des problèmes de santé publique. Un livre parfait pour lire dans le train, sur la plage, sous la couette...

Contrairement à la saga des Fortunes de France (dont je poursuis la lecture, ce qui donnera peut-être lieu à une refonte de l'article lié), Mireille Calmel n'a pas choisi d'utiliser un vocabulaire historiquement situé. Hormis quelques dates indiquées, je ne pense pas qu'elle ait souhaité ancrer son roman dans la perspective d'une reconstruction historique: il s'agit plus de mettre en place un endroit historiquement et géographiquement suffisamment proche pour qu'on adhère à la réalité de ce qui se passe mais suffisamment éloigné pour que le fantastique et le merveilleux y ait sa place.

Qui la déjà lu un livre de Mireille Calmel? J'avais lu, il y a plusieurs années, les tomes sur Aliénor d'Aquitaine, et ilsm'avait plutôt plu. Et vous?

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 juin 2010 7 06 /06 /Juin /2010 21:00

La revue (ou révision) générale des politiques publiques (RGPP pour les intimes, Roger Pépé sur un tract syndical vu l'an dernier et que j'aimerai bien retrouver) a été mise en place en 2007  suite aux élections présidentielles et législatives avec pour but de réorganiser l'Etat pour plus d'efficacité suite à un audit des politiques publiques, audit mené avec la participation d'expert du privé.


Voici comment la RGPP est présentée (site de la Documentation Française):


"La révision générale des politiques publiques (RGPP)


    Démarche et organisation de la RGPP


Le gouvernement a annoncé en juin 2007 le lancement d'une révision générale des politiques publiques (Conseil des ministres du 20 juin 2007), consistant à passer en revue l'ensemble des politiques publiques pour déterminer les actions de modernisation et d'économies qui peuvent être réalisées.
Elle s'inspire notamment des recommandations du rapport Pébereau sur la dette publique.


Selon le communiqué du Conseil des ministres, cet exercice « se distingue de toutes les expériences antérieures en la matière à plus d'un titre :
- les réformes seront décidées par un Conseil de la modernisation des politiques publiques qui réunira autour du président de la République l'ensemble des ministres. Le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique en sera le rapporteur général ;
- le président de la République et le Premier ministre ont demandé à tous les ministres de s'investir personnellement dans cet exercice et de mobiliser leurs services. Un travail complémentaire d'investigation et de documentation des réformes sera conduit par une équipe d'auditeurs, composée de spécialistes des secteurs public et privé, en lien avec les administrations concernées et le ministère du Budget ;
- les objectifs sont très ambitieux. Ainsi, en matière d'effectifs, la révision devra donner un mode d'emploi pour mettre en œuvre de manière appropriée l'engagement d'embaucher un fonctionnaire pour deux partant à la retraite.


Mandatés par le président de la République et le Premier ministre, le secrétaire général de la présidence de la République et le directeur de cabinet du Premier ministre co-présideront deux fois par mois un comité de suivi de la révision générale des politiques publiques. Outre chacun des ministres pour les politiques publiques de son ressort, seront également membres de ce comité de suivi le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, le secrétaire d'État chargé de la Prospective économique et de l'Evaluation des politiques publiques, les rapporteurs généraux des commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ainsi que M. Pébereau, président du conseil d'administration de BNP Paribas et M. Parini, receveur général des finances ».
Selon le gouvernement, les mesures issues de ce processus de réforme doivent se traduire par quelque 7 milliards d'euros d'économies d'ici 2011, comportant notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire de l'Etat sur deux partant à la retraite entre 2009 et 2011. Un gain de productivité de 4 à 5 % de l'appareil de l'Etat en est attendu. Une partie des économies ainsi réalisées seront redistribuées aux fonctionnaires.

    La première phase de la RGPP : les missions et l'organisation de l'administration


Les décisions du premier Conseil de modernisation des politiques publiques (décembre 2007)


A l'issue de la première réunion du Conseil de modernisation des politiques publiques le 12 décembre 2007, une série de réformes s'appuyant sur les travaux d'audit des quatre mois précédents, est annoncée.
Le rapport du ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique Éric Woerth les présente ainsi :
« La plupart des ministères ou périmètres ministériels ont déjà donné lieu à un premier examen par le comité de suivi. Des premières décisions concrètes sont prises sur certains d'entre eux (Services du Premier ministre, ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, ministère de la Justice, ministère de la Culture et de la Communication, ministère de l'Agriculture et de la Pêche, ministère de la Défense). Des propositions de modernisation sont également formulées sur des fonctions transversales. (...) Le Conseil les a validées et le gouvernement va immédiatement travailler à leur application. Elles reposent toutes sur la conjonction d'une amélioration de la qualité du service public et d'un moindre coût.


Les axes de modernisation qui président à ces premières décisions sont les suivants :
- des administrations recentrées sur le cœur de leurs missions,
- des procédures plus modernes, au service des usagers,
- un État réorganisé et allégé,
- un État mieux géré, qui valorise le travail des fonctionnaires et qui utilise au mieux les ressources publiques ».

Les décisions du deuxième Conseil de modernisation des politiques publiques (avril 2008)


La deuxième réunion du Conseil de modernisation des politiques publiques le 4 avril 2008 autour du Président de la République a débouché sur l'annonce d'une série de mesures.


Elles concernent différents domaines d'intervention de l'Etat comme le logement, l'emploi, la formation professionnelle, la santé, l'économie, l'outre-mer, la défense ou encore les affaires étrangères. S'agissant du logement social, il est prévu d'abaisser de 10 % les plafonds d'accès; les surloyers payés par les personnes bénéficiant d'un logement social mais dépassant les plafonds de ressources seront en parallèle augmentés. Le gouvernement entend par ailleurs renforcer le suivi des contrats aidés, supprimer les dispositifs favorisant les départs anticipés des séniors, réexaminer les éléments particuliers de la fonction publique en outre-mer, retirer le supplément de pension versé aux fonctionnaires s'installant en outre-mer, réorganiser le réseau diplomatique français à l'étranger ou encore mutualiser les services administratifs des armées de Terre, de l'Air et de la Marine.

Les décisions du troisième Conseil de modernisation des politiques publiques (juin 2008)


Le troisième Conseil de modernisation des politiques publiques du 11 juin 2008 a acté de nouvelles décisions de réformes dans les ministères qui n'avaient pas encore fait l'objet d'un examen d'ensemble de leur organisation.
Ces mesures concernent les ministères de la Justice, de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, des Affaires étrangères et européennes, de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, des Solidarités, de l'Agriculture et de la Pêche, de la Culture et de la Communication : développement de l'arbitrage dans les litiges entre grandes entreprises, rationalisation des dispositifs de soutien à la recherche, réorganisation du réseau des ambassades et consulats, réorganisation des services de l'Etat au niveau départemental.

    La deuxième phase de la RGPP (depuis septembre 2009)


La deuxième phase de la RGPP est organisée suivant trois axes principaux :


- La recherche d'économies doit aussi porter sur les dépenses de fonctionnement de l'Etat, avec pour objectif d'atteindre 10% de baisse dans les trois prochaines années, sur un périmètre de 10 milliards € dans un premier temps. Des chantiers transversaux portant sur les dépenses informatiques, les dépenses de logistique, de communication, de formation et de concours vont être ouverts. Avec les actions en cours sur les achats, l'immobilier et la paie, l'Etat aura, à l'issue de ce programme, rationalisé l'ensemble de ses fonctions supports.


- Ces mesures de réduction des dépenses doivent également être mises en oeuvre par les opérateurs de l'Etat. La règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite s'appliquera dorénavant de manière globale à tous les opérateurs, dans le respect de leurs spécificités. Comme les administrations, ils devront s'astreindre au respect des règles applicables à la diminution des dépenses ou en matière immobilière (norme de 12 m² par agent et mise en place de loyers). Ils devront également recourir aux contrats interministériels d'achat. Enfin, la rémunération à la performance sera étendue à tous les dirigeants. L'Etat pour sa part s'engage à assurer plus efficacement son pilotage stratégique : une tutelle unique sera mise en place ; chaque dirigeant aura une lettre de mission ; un contrat d'amélioration de la performance sera signé avec les principaux opérateurs.


- La RGPP doit également permettre d'améliorer la qualité de service. S'agissant de l'accueil, les guichets uniques à distance seront renforcés (raccordement de tous les sites publics à mon.service-public.fr d'ici à fin 2011 et lien systématique entre le 3939 et les autres services d'appels). (Source : communiqué du Conseil des ministres du 9 décembre 2009) "


Qu'en pensez-vous?

Par Suzanne - Publié dans : Réflexions - Communauté : notre société
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 21:39

Le week-end dernier j'ai lu les deux premiers volumes des Fortune de France de Robert Merle, Fortune de France et En nos vertes années. Avec deux fois six heures de route, j'ai eu tout le temps nécessaire.

 

J'ai bien aimé le vocabulaire et les tournures de phrase utilisées, même si leur véracité historique n'est peut-être pas parfaite. N'étant pas spécialiste de l'évolution du français et surtout n'ayant pas fait de recherches à ce sujet avant d'écrire cet article, je ne peux pas vous dire grand chose sur la pertinence du vocabulaire.

 

Dans le second volume, qui se déroule principalement à Montpellier, j'ai beaucoup aimé la description de la vie quotidienne et des rites de la faculté de médecine de l'époque, où les apothicaires (qui deviendront les pharmaciens en toute logique) sont royalement méprisés des étudiants en médecine. Toute ressemblance avec la situation actuelle est fortuite. La question que je me pose est de savoir si l'auteur est parti de la situation actuelle ou si certains documents historiques atteste de la condescendance des uns sur les autres.

 

Ces livres se lisent facilement, une fois qu'on est habitué au rythme d'écriture, au vocabulaire et aux tournures de phrase employées... Sans être de la haute littérature (mais qu'est-ce la "haute" littérature?), je vous conseille de lire si vous en avez l'occasion un tome de cette série. Pour ma part, je pense lire toute la série ou plutôt la relire, ma première lecture datant de ma prime jeunesse. Parmi ceux qui ont lu ces livres ou qui connaissent l'auteur, qu'opinez-vous?

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 15:02

Une amie bloggeuse, Elodie d'Altersociété, en panne d'inspiration il y a quelques temps et très prise par sa thèse, a mis en place un système de suggestion d'article: en commentaire, on pose une question en lien avec les thèmes du blog et elle essaie d'y répondre dans un article.

Il y a quelques temps, je lui ai donc proposé un sujet qui tournait autour du lien entre la démarche écolo (et plus largement des choix de consommation que nous pouvons faire) et les caractéristiques des villes et villages où l'humain peut habiter en France. Son article est lisible ici.

 

L'idée de départ était de savoir si paradoxalement il n'était pas plus facile de consommer des produits biologiques, de ce passer de voiture ou d'en limiter l'utilisation au strict minimum dans les "grandes villes" que dans les villages de campagne ou dans les petites villes.

  En prenant mon expérience personnelle, j'ai l'impression que le meilleur endroit pour vivre bio et sans voiture est la capitale (Paris stricto sensu, ou à la limite les villes de couronnes reliées au métro). En effet, à Paris entre le métro et les bus de nuit, pas besoin de voiture: pour les courses, on peut se faire livrer sans soucis et il y a des magasins biologiques dans tous les arrondissements. On peut y être végétarien, végétalien ou omnivore, on y trouve tous les restaurants possibles et imaginables. Et malgré ce qu'on peut croire de province  (et je parle en connaissance de cause), Paris n'est pas plus polluer que certaines grandes villes de province (sans même évoquer Lyon ou Marseille, mes lecteurs ayant vécu à Grenoble ou Toulouse comprendront sans peine que la pollution n'est pas une caractéristique parisienne). De plus, il y a à Paris beaucoup plus de parc et d'endroits calme (en proportion) que ces mêmes villes de province.

 

  D'autres villes ayant environ un demi-million d'habitants ( ce qui m'apparaît peu ou prou un seuil dans le développement des villes et les commodités qu'elles proposent), on peut aussi se passer de voiture, à condition toutefois que ladite ville n'aie pas eu un développement tentaculaire: ne pas avoir de voiture à Grenoble ne m'a presque jamais posé problème, cela aurait été je pense plus difficile à Montpellier. Pour ce qui est de l'alimentation bio, les choses deviennent un peu plus compliquées: si on y trouve sans soucis des biocoop' ou autres chaines de magasins bio, ces derniers se trouvent souvent en banlieue ou dans des zones commerciales même s'il y en a en centre-ville. Il faut savoir qu'ils y sont, on ne tombe plus dessus par hasard en sortant du métro (d'ailleurs, il n'y a pas de métro mais l'offre de transports en commun reste bonne). Les restaurants végétariens se font plus rares, les restaurants végétaliens n'en parlons pas: par contre, on trouve sans peine des restaurants ayant des plats végétariens (merci à la cuisine libanaise et à la cuisine indienne).

 

Pour ce que j'appellerai les petites villes, de l'ordre de 100 000 habitants (Metz, Perpignan pour celles que je connais, mais ce doit s'appliquer à d'autres villes de même taille si ma théorie est non-fausse), les magasins bio sont rares en ville mais existent en zone commerciale. L'offre de transports en commun est moins développée, notamment le soir ou quant-à la fréquence de passage. Cause ou conséquence, il est quasiment impossible de se passer de voiture, sauf à habiter en centre-ville et encore, à condition d'avoir la possibilité de se faire livrer. Ce qui est possible à Metz (se faire livrer ses courses et en ayant la possibilité de prendre en même temps que les courses "habituelles" certaines produits bio) ne l'est pas (à ma connaissance) à Perpignan.  Et je ne parle pas de la possibilité de sortir le soir sans voiture...

 

Enfin, les villages - disons les villages de moins de 2000 habitants. Paradoxalement, on pourrait croire que plus près de la nature et des lieux de production biologiques il est plus facile de consommer bio, ce n'est pas cas. Là encore, toujours pour les villages que je connais et où j'ai pu séjourner. Là sans voiture, vous êtes morts. Pour faire vos courses, selon la région, vous pouvez être livrés (c'est notamment le cas dans l'est de la France). Mais les transports en communs sont quasiment inexistants. Selon la taille du village, il peut exister une biocoop ou un magasin de produit bio, notamment quand la région est touristiques et que ce type de magasin n'existe pas dans la petite ville la plus proche. Inutile de chercher un restaurant végétarien, à moins d'être abonné au Petit Veg' ou d'avoir fait des recherches sur le net et de connaître par ces biais certaines adresses, vous avez l'impression d'être un extra-terrestre quand vous annonçait ne pas manger ni viande ni poisson (et ne pas être ni anorexique ni mourant, juste un peu chiant sur les bords).

 

Sans y réfléchir plus que cela, j'ai l'impression qu'il y a un seuil, autour du demi-million d'habitants, à partir duquel dans une ville on peut non seulement limiter son empreinte écologique en consommant bio (ou même en partie bio), en étant végétarien, en n'ayant pas de voiture... mais également le faire avec autant de facilité qu'en faisant le choix inverse (quoique je pense que prendre la voiture à Paris revient à se compliquer grandement l'existence). Et cela peut valoir pour d'autres choix de vie que son alimentation, son mode de transport...

Par Suzanne - Publié dans : Réflexions - Communauté : notre société
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 19:36

Voici le texte intégral de la proposition, lancée par Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, et considéré comme l'acte de naissance de l'Union européenne.

Les gras sont de moi. Soixante ans après, quel bilan?


« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.

La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre.

L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée. L'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne.

Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement l'action sur un point limité mais décisif.

Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.

La mise en commun des productions de charbon et d'acier assurera immédiatement l'établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes.

La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l'Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L'établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu'elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique.

Cette production sera offerte à l'ensemble du monde sans distinction ni exclusion, pour contribuer au relèvement du niveau de vie et au développement des œuvres de paix. L'Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain.

Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d'intérêts indispensable à l'établissement d'une communauté économique qui introduit le ferment d'une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes.

Par la mise en commun de productions de base et l'institution d'une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l'Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d'une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix.

Pour poursuivre la réalisation des objectifs ainsi définis, le gouvernement français est prêt à ouvrir des négociations sur les bases suivantes.

La mission impartie à la Haute Autorité commune sera d'assurer dans les délais les plus rapides : la modernisation de la production et l'amélioration de sa qualité, la fourniture à des conditions identiques du charbon et de l'acier sur le marché français et sur le marché allemand, ainsi que sur ceux des pays adhérents, le développement de l'exportation commune vers les autres pays, l'égalisation dans le progrès des conditions de vie de la main-d’œuvre de ces industries.

Pour atteindre ces objectifs à partir des conditions très disparates dans lesquelles sont placées actuellement les productions des pays adhérents, à titre transitoire, certaines dispositions devront être mises en œuvre, comportant l'application d'un plan de production et d'investissements, l'institution de mécanismes de péréquation des prix, la création d'un fonds de reconversion facilitant la rationalisation de la production. La circulation du charbon et de l'acier entre les pays adhérents sera immédiatement affranchie de tout droit de douane et ne pourra être affectée par des tarifs de transport différentiels. Progressivement se dégageront les conditions assurant spontanément la répartition la plus rationnelle de la production au niveau de productivité le plus élevé.

A l'opposé d'un cartel international tendant à la répartition et à l'exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l'organisation projetée assurera la fusion des marchés et l'expansion de la production.

Les principes et les engagements essentiels ci-dessus définis feront l'objet d'un traité signé entre les Etats et soumis à la ratification des parlements. Les négociations indispensables pour préciser les mesures d'application seront poursuivies avec l'assistance d'un arbitre désigné d'un commun accord; celui-ci aura charge de veiller à ce que les accords soient conformes aux principes et, en cas d'opposition irréductible, fixera la solution qui sera adoptée.

La Haute Autorité commune chargée du fonctionnement de tout le régime sera composée de personnalités indépendantes désignées sur une base paritaire par les gouvernements; un président sera choisi d'un commun accord par les gouvernements; ses décisions seront exécutoires en France, en Allemagne et dans les autres pays adhérents. Des dispositions appropriées assureront les voies de recours nécessaires contre les décisions de la Haute Autorité.

Un représentant des Nations Unies auprès de cette autorité sera chargé de faire deux fois par an un rapport public à l'ONU, rendant compte du fonctionnement de l'organisme nouveau, notamment en ce qui concerne la sauvegarde de ses fins pacifiques.

L'institution de la Haute Autorité ne préjuge en rien du régime de propriété des entreprises. Dans l'exercice de sa mission, la Haute Autorité commune tiendra compte des pouvoirs conférés à l'Autorité internationale de la Ruhr et des obligations de toute nature imposées à l'Allemagne, tant que celles-ci subsisteront. »

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Info

Je viens de mettre en ligne une vidéo concernant un ancien article Synthèse provisoire du cycle sur le végétarisme

 

Le Monde a publié un article sur l'opposition des mouvements végétariens et végétalien au dernier décret s'appliquant aux menus des cantines scolaire; je vous en conseille la lecture. Les commentaires toutefois sont assez décevants.

 

ACTUELLEMENT LEGEREMENT SUBMERGEE PAR LE BOULOT, JE NE POURRAIS RECOMMENCER A PUBLIER QU'APRES LE 1er JANVIER!

Merci de votre patience!

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés