Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 18:12

Jusqu’au milieu du vingtième siècle, le système scolaire français – comme au Royaume-Uni ou dans les pays scandinaves (pour reprendre les cas présentés par Eric Maurin dans La nouvelle question scolaire, coll. Point – Essais), organisait un tri entre élèves très tôt et sélectionnait ceux qui pourrait suivre un enseignement secondaire orientée vers le baccalauréat et l’accès à l’enseignement secondaire. Les autres étaient orientés vers des formations professionnelles  courtes ou pouvaient rentrer dans la vie active dès la fin de l’obligation de scolarité (aujourd’hui 16 ans, sachant qu’un élève peut aller en apprentissage dès 14 ans).

A partir des années 1950, différents pays européens ont choisi de réformer leur système scolaire pour augmenter le nombre d’année d’études avant la sélection des élèves entre études longues et études courtes. Les méthodes utilisées n’ont pas été les mêmes et le suivi des réformes n’a rien à voir d’un pays à l’autre. Cependant, chaque année d’études générales suivie en plus par rapport à une génération précédente s’est traduit non seulement par une augmentation du niveau scolaire des élèves concernés, mais par la suite par une amélioration de revenus auxquels cette génération pouvait prétendre une fois entrée dans la vie active. 

Pour synthétiser, dans les pays nordiques la mise en place d’un enseignement secondaire unifié, s’est faite progressivement (parfois région par région) et a fait l’objet d’un suivi de la réforme prévu dès le départ. Au Royaume-Uni et en Irlande, où la remise en cause du dualisme entre « grammar schools » et les « secondary modern schools » a suscité plus de résistances, la refonte du système scolaire a cependant eu un effet positif tant pour ce qui concerne le niveau moyen des élèves que pour les revenus auxquelles les générations concernées par la réforme ont pu prétendre une fois sur le marché de l’emploi. En France, la refonte du système secondaire n’a été réellement finie qu’après les années 1980 avec la démocratisation de l’accès à l’université et le souci majeur est que les réformes successives n’ont pas fait l’objet d’études au moment de leurs mises en œuvre. Alors que le gouvernement annonce une réforme du lycée, qui doit entrer en vigueur pour les secondes dès la rentrée 2010 (si mes souvenirs sont exacts), est-ce que le suivi de la réforme a été prévu ? Comment a-t-il été organisé ?

NB: il s'agit ici de la version courte de l'article que j'ai préparé, ne sachant le degré d'intérêt et de connaissance des lecteurs intéressés. Si vous me le demandez en commentaire, je peux éditer l'ensemble de l'article dans les jours qui viennent.

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 22:03
Pas d'article ce soir: j'hésite entre trois sujets et ne sait lequel développer:
- les cinquante ans des indépendances en Afrique noire,
- la démocratisation de l'enseignement secondaire en Europe,
- le corps différent et la danse.
Si l'un de ces trois sujets, vous intéresse plus particulièrement, merci de laisser un commentaire et je posterai l'article correspondant dans le week end!
Par Suzanne
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 20:00

agora_affiche.jpg Si la foi repose sur un ensemble de certitudes, rassemblées en dogme, le croyant peut-il être scientifique ? La foi et dans plus largement la croyance, sont-elles des obstacles à l’appréhension scientifique – mécanique presque, du monde physique qui nous entoure ?

Dans Agora, film d’Alejandro Amenabar (voir ici le synopsis, la bande originale et des avis de spectateurs, Hypatie paie de sa vie sa recherche de réponse à la question éternelle « Pourquoi ? ».

Au-delà du rappel que l’intolérance religieuse face à la rationalité n’est pas l’apanage d’un monothéisme plus qu’un autre, quelles peuvent être les découvertes que l’humanité n’a pas faite, ne fera peut-être jamais ou mettra plusieurs siècles à faire parce qu’un jour, à une époque, le pouvoir religieux, local ou non, a faire taire un scientifique ?

D’un autre coté, la recherche des réponses au pourquoi du comment n’est-elle pas une quête elle-même fondée sur une croyance, qui par définition ne peut être prouvée et qui pourrait être formulée ainsi : l’esprit humain est capable de trouver l’explication à tous les phénomènes physiques (au sens large) ? Le « scientisme » comme foi et religion ?

Par Suzanne - Publié dans : Sorties - Communauté : notre société
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Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 21:52

« Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1980, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling ». » Christian Salmon, Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, La découverte, Poche, 2008.

Une des critiques faites à la politique pour en expliquer le déclin et le dédain quand lequel elle est tenue, l’idée qu’auparavant les politiques avaient un projet, une vision particulière de la France lesquels guidaient leur vie et qu’aujourd’hui, seule compte la capacité à bien parler pour esquiver les questions qui fâchent est souvent présentée comme expliquant à la fois l’abstentionnisme, la baisse des effectifs des partis politiques et le repli sur d’autres identités que celle de la Nation ou de la République.

L’irruption des « petites histoires » comme argument politique est aujourd’hui un phénomène étudié et constaté quasi-quotidiennement. Le récent décès du premier président de la Cour des Comptes et les hommages qui ont suivi, la théâtralité des réactions des politiques en sont autant d’exemples. Nul doute que le séisme à Haïti avec ses milliers de morts donnera lieu à un traitement fondé sur l’émotion plus que sur les faits et le débat. Ces petites histoires développées par les politiques marquent-elle la fin du politique, entendu comme engagement autour d’un projet de société défini et défendu ?

C’est aller un peu vite en besogne que de tenir pour responsable le discours politique pour les fautes qui ne relèvent pas des seuls élus mais en fait d’un réel changement social. À mon sens, cette critique tend à idéaliser une période politique révolue si tant est qu’elle n’ait jamais existé. Mais elle a pour avantage premier, au-delà de la dénonciation du décalage entre l’idée du politique et la réalité de la vie politique, de nous dédouaner individuellement d’un retrait (ou pour certains d’une non entrée) dans les combats politiques de notre époque.

En effet, pourquoi donc se battre puisque le pouvoir ultime n’est pas politique mais économique ? L’argent n’est-il pas le nerf de la guerre ? Qui paie, commande, non ?

C’est précisément là le nœud du problème : aujourd’hui, il paraît impossible que le politique reprenne l’ascendant sur les forces économiques, elles mêmes étant perçues comme une sphère opaque où chacun des acteurs ayant un peu de pouvoir, tous ayant un grand pouvoir, agir sur les acteurs ne sert à rien puisque qu’on ne peut pas agir sur tous en même temps à l’échelle mondiale pour faire changer l’orientation générale des forces économiques.

Cette vision suppose également que les acteurs économiques ayant la possibilité d’influencer les choix politiques soient les seuls à pouvoir agir, que certains – constitués en groupe de pression ou en réseaux de carnet d’adresses, pourraient décider du sort de tous et qu’il n’y aurait rien à faire face à cela. Ce qui est assez désespérant comme vision…

Fondamentalement, pourquoi ne saurions-nous pas changer les choses autour de nous ? Sans croire que tous changera ni que tout sera parfaitement conforme à ce qui nous voudrions individuellement, ne serait-il pas possible de faire bouger les lignes ? N’est-ce pas là l’essence même de l’engagement politique ?

 

A lire également à la fois l'enquête et l'article sur le "baromètre de la confiance": ici.

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 21:45

« La personne malade en vient à douter de tout, de ses valeurs et attachements, des choix nécessaires, de son avenir ainsi que de celui de ses proches, de sa vie relationnelle, de son existence même. Son quotidien est envahi et obscurci par une présence étrange qui inquiète, oppresse, éreinte, et la ramène sans répit à l’état de maladie avec un sentiment d’injustice, d’humiliation, de détresse, d’incompréhension, d’abandon ». Emmanuel Hirsch, Apprendre à mourir, Grasset, septembre 2008, page 58.

La vieillesse, la maladie ne sont-elles que des déchéances individuelles ? A l’heure où médias, médecins, groupes de pression et pouvoir politiques nous vantent campagnes après campagnes (Plan national nutrition santé 1, 2 et bientôt 3), article après article (quel que soit le type de presse) les mérites de tel régime alimentaire, de tel mode de vie pour « bien vieillir », pour « renforcer ses défenses immunitaires contre les maladies saisonnières », l’individu devient-il le seul responsable de son avenir biologique ?

Cette responsabilité individuelle qui irait jusqu’à la maîtrise de sa santé et non plus de sa seule préservation au jour le jour n’est pas seulement un choix politique plus ou moins affirmé, il s’agit également d’une évolution sociale, l’une et l’autre se nourrissant paradoxalement pour mettre en avant les différences entre individus et entre groupes. Qui aujourd’hui peut affirmer « Autrui est important pour moi sans que je me sente en compétition avec lui » et être crû ?

Cette méfiance de l’autre et la dissociété qui en découle (Jacques Généreux, La dissociété, Seuil, 2006) ne touche pas seulement les relations entre individu dans un groupe ou dans une société mais également les relations familiales. Quand l’autre cesse d’être celui qu’on a connu – notamment du fait d’une maladie incurable, dégénérative ou non – cette mort qui ne dit pas son nom est d’abord celle des relations et du regard d’autrui. Alors peut arriver la volonté pour soi ou pour l’autre malade et aimé, enfermé dans la maladie incurable et déshumanisante, d’accélérer la seule fin possible.

D’où la question de l’euthanasie, (supposée) dernière liberté individuelle, y compris lorsqu’elle peut être considérée comme une fuite face aux épreuves (notamment dans une optique religieuse ou spirituelle faisant de la douleur une épreuve qu’il convient d’affronter). Pour Emmanuel Hirsch, poser la question de l’euthanasie sans poser au préalable celle de la perception commune de la maladie et de la mort revient à escamoter tout un pan d’une réflexion nécessaire. L’Autre est fondamentalement différent et appréhender cette différence suppose un effort car la réaction émotionnelle est plus facile que la pensée rationnelle – raisonnable. Mais la maladie incurable et la mort ajoutent une difficulté supplémentaire à cette appréhension : le temps nous est alors compté. « Car tout le temps qui passe ne se rattrape guère, car tout le temps perdu, ne se rattrape plus ». (Barbara, « Dis, quand reviendras-tu ?, 1963).

 

Un article du Monde sur ce sujet aujourd'hui (16.01.10): ici.

Par Suzanne - Publié dans : Lectures - Communauté : notre société
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Présentation

Info

Je viens de mettre en ligne une vidéo concernant un ancien article Synthèse provisoire du cycle sur le végétarisme

 

Le Monde a publié un article sur l'opposition des mouvements végétariens et végétalien au dernier décret s'appliquant aux menus des cantines scolaire; je vous en conseille la lecture. Les commentaires toutefois sont assez décevants.

 

ACTUELLEMENT LEGEREMENT SUBMERGEE PAR LE BOULOT, JE NE POURRAIS RECOMMENCER A PUBLIER QU'APRES LE 1er JANVIER!

Merci de votre patience!

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